The Wriggles

wriggles4L’interview s’est faite avec Stef des Wriggles

A vos débuts vous étiez dans une école de théâtre, qu’est-ce qui vous a donné envie de partir à cinq et concilier théâtre et musique ?
Déjà on s’est joint pas mal par amitié et puis on habitait un p’tit appart’, débarquait de notre province et c’était assez exutoire d’écrire des chansons. On s’éclatait à jouer de la guitare, à raconter des conneries en même temps et quand tu racontes des conneries en chantant un ptit peu ça finit par être une chanson, voilà comment c’est venu.


Vous êtes nombreux dans le groupe, est-il facile de faire des compromis pour l’écriture et la réalisation des compos ?
Franchement pendant longtemps la question ne s’est même pas posée, c’est à partir du moment où on s’est mis à composer avec des séries de chansons, on s’est dit qu’il y avait un peu plus de confrontation. Il n’y a pas forcément de sacrifices ou de moments difficiles pour finaliser une chanson, le fait de virer des trucs, des passages de l’un ou des passages de l’autre, ce n’est pas vraiment ce qui pose problème, parfois c’est plutôt l’orientation de la chanson qui peut être plus apte au sujet, on est quelques-uns uns à vouloir amener tel sens ou tel sujet, ça peut être plus problématique que le fait de devoir faire des concessions sur la quantité de texte ou la façon de le dire etc…


Qu’est-ce qui vous inspire le plus pour les textes ?
Je dirai qu’il y a autant de sources d’inspiration que de chansons voir plus car il y a des chansons ou les sujets sont redondants, la terre est grande, ce n’est pas difficile de trouver des sujets d’inspiration.


Le monde dans lequel vous vivez correspond-il bien à l’image que vous en donnez dans vos chansons?
Aucune certitude, en tout cas c’est l’image qu’on en donne, qu’on en renvoie, comme tout miroir de l’humain ça reste subjectif, heureusement on ne détient pas la vérité sinon on serait mal barré, on serait en train de marcher sur Rome.


Sur votre site on peut trouver des partitions de vos morceaux, est-ce important pour vous de les faire partager ?
A vrai dire on s’était posé la question, on s’est dit que faire éditer les partitions juste pour le faire ça ne nous plaisait pas, si on le fait on aimerait bien créer un beau livre, comme jusqu’ici ça ne nous a pas été proposé… et puis de toute façon l’édition des partitions ça rapporte aux éditeurs en général, aujourd’hui un beau livre ça coûte cher à fabriquer, du coup on a préféré remettre ça. On en a fait quelques unes, Tonio s’est cassé le cul à en faire et finalement on préfère laisser ça aux mains de ceux qui écoutent comme ça tout le monde est content.


Sur votre site on peut également y voir beaucoup de liens, vous militez et supportez beaucoup de causes (Greenpeace, Amnesty International, Attac…), pensez-vous qu’il est plus facile de faire passer des messages en étant dans un groupe comme le vôtre ?
C’est évident, c’est plus facile quand on a un groupe, c’est certain tout groupe d’expression artistique c’est déjà un groupe d’expression donc possibilité de s’exprimer, ça devient un outil de communication voire un outil de parole de valeur pour nous, c’est sûr.


Que pensez-vous de la liberté d’expression aujourd’hui ?
Benh c’est délicat car c’est devenu galvaudé, même le terme de liberté ne recouvre plus le même sens aujourd’hui qu’au moment de la Révolution française par exemple. Tout comme démocratie ça devient limite chelou mais faut pas le dire trop fort ! Je ne sais pas, ça fera peut-être parti des sujets de chansons qui viendront plus tard, j’en sais rien parce qu’on est tous interrogatifs devant le terme à l’heure actuelle. Il y a tellement de combats menés pour la liberté d’expression pour tous, pas particulièrement pour les populations, pour les opprimés. Aujourd’hui ça devient un outil de conquête c’est donc délicat de se positionner, d’avoir un avis tranchant là dessus, en tout cas constater qu’il y a eu beaucoup de combats pour et que maintenant ça sert autre chose, ça…
Voilà, je continue à penser que la liberté d’expression est une bonne chose, en fait maintenant c’est comme pas mal de choses, le sens des termes qu’on utilise, sur lesquels et autour desquels on construit les sociétés, est à redéfinir collectivement. Ces termes recouvraient un sens qui passe avec le temps, les mots n’ont plus le même sens, c’est important de se reposer d’une façon la plus large possible la question du sens de ces termes sur lesquels on s’appuie, notamment liberté d’expression, liberté.


Vous ne passez que peu sur les radios, avez-vous une explication ?
Déjà on fait de la musique avec 5 voix et une guitare donc ça n’aide pas à amener une tapisserie sonore suffisante pour la radio en tout cas en ce qui concerne la programmation régulière, d’ailleurs au-delà de ça je ne vois pas trop, je ne sais pas, en fait il y a des tonnes de possibilités, je sais que les gens du milieu du disque sont bien veillant avec nous depuis toujours mais ils n’osent pas toucher au groupe parce qu’ils ne savent pas comment se démerder avec ce bordel qu’est notre groupe.


Vous n’avez jamais poussé les maisons de disques à démarcher les radios ?
Une fois qu’on a une maison de disque il n’y a pas besoin de les pousser, il n’y a pas de problème, on a plus essayé de pousser à une époque pour avoir une maison de disque parce qu’on voulait travailler avec un peu plus de moyens, ça a fini par se faire, on est assez content des gens qu’on a trouvé maintenant. On a toujours été dubitatif, plus envers la TV que la radio mais il y a encore pleins d’émissions de radio qui nous font beaucoup réfléchir à chaque fois qu’on nous propose de les faire, ce serait plutôt dans ce sens là que ça se passe, en tout cas pour nous ça n’a pas été plus nécessaire que ça, depuis deux trois ans on se retrouve à remplir des salles que les gens qui passent souvent à la téloche ne remplissent pas donc ce n’est pas non plus une obligation, en tout cas ce n’est pas une fin en soi.


Moi d’abord est sorti le 29 mars, est-ce qu’aujourd’hui vous y changeriez quelque chose ?
Bon alors là tu pourrais faire cinq interviews et lorsque tu les mettrais bout à bout on changerai tout l’album, avec toute la pochette, mais si tu gardes le meilleur des cinq interviews tu ne changes rien.
Voilà, on est cinq donc je crois que ma réponse est suffisante.


Avez-vous des projets post tournée en tête et en cours ?
En tête et en cours, tu es allée sur le site donc tu as dû tomber sur nos petites histoires à droite et à gauche, après le Zénith on va tourner « tranquillement », on a pas mal tourné avant aussi donc il faut qu’on soit un peu au calme.


Vous êtes à la moitié de votre tournée ?
On va tourner de façon soutenue jusque fin 2005, on continue en 2006 avec ce spectacle, on en a encore pour un moment, on s’est prévu quelques petits espaces pour perfectionner les choses qu’on a commencées à côté soit en faire d’autres.


Des nouvelles compos ?
Les nouvelles chansons viennent au fur et à mesure, maintenant qu’on a posé notre répertoire de base, ça va se faire petit à petit, vivre ensemble, en général ça se fait comme ça. Ça se fera ainsi pour le prochain répertoire mais ce n’est pas pour tout de suite, éventuellement pour le prochain spectacle.


Le 2/04/05 vous étiez au Zénith de Paris, il me semble que ce concert était complet ? C’était votre premier concert dans cette salle ? Qu’est ce que ça vous fait de remplir une salle où vous avez peut-être vu joué vos idoles ?
Oui le concert était complet, c’était notre premier concert seuls dans cette salle, on y a déjà fait deux titres pour le concert contre la guerre en Irak, le soir de la déclaration.
Quand on était sur scène on ne voyait pas la même chose que quand on regardait nos idoles alors c’est difficile de comparer, aujourd’hui je peux à peu près commencer à répondre à la question, tu serais arrivée hier je ne sais pas si j’aurais pu. Sinon qu’est-ce que ça fait ? En tout cas ça fait plaisir, c’est une autre dimension, ça fait plaisir de tenir cette dimension, après heureusement qu’on ne fait pas régulièrement que ce type de salle parce que ça impliquerait un autre type de spectacle.


C’est impersonnel ?
Oui, il y a ce côté-là où tu as moins de proximité avec le public, c’est beaucoup plus musical, beaucoup plus festif, ce n’est pas le même rapport.


Ce soir vous jouez au Sébastopol, c’est un beau théâtre, pensez-vous que le cadre de cette salle correspond plus à votre personnalité, à votre spectacle ?
Ouais! C’est un beau théâtre, ça ne correspond pas forcément à notre personnalité mais c’est plus  adapté aux spectacles qu’on propose maintenant et qu’on proposait avant car on a toujours eu une bonne part de jeu de scène, c'est-à-dire si le concert devait prendre le dessus et faire disparaître le jeu de scène, l’interprétation, la mise en scène qu’on propose, ce serait sans doute dommage, on y perdrait quelque chose, un p’tit bout de notre identité qui est quand même d’être un spectacle et pas un concert.


Le concert de ce soir est complet, comment vous sentez-vous ? Stressé ?
Ça c’est assez imprévisible, il y a mille et une formes de trac, en fait c’est pas systématiquement la trouille et l’envie de se pisser dessus avant de monter sur scène (rires) mais il y a plein de formes de tracs plus ou moins fort.


Ça dépend aussi de l’endroit où vous jouez, Lille est chaleureux ?
Ouais!


Quelle est la question qu’on ne vous pose jamais et à laquelle vous aimeriez répondre ?
Tu fais quoi ce soir ? (rires) Non, je ne sais pas mais quand ça arrive je suis content de répondre.

Perrine
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