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Interview pour la sortie de la Mécanique du coeurQuand as-tu eu l’idée de faire ce bouquin ‘la mécanique du cœur’ ?
J’ai eu l’idée du bouquin après avoir écrit mon premier bouquin. J’avais envie d’aller encore chercher des choses sur le personnage de Giant Jack mais le but du jeu n’était pas non plus de faire une répétition non plus. Je voulais qu’on puisse lire ce livre sans avoir lu l’autre et sans n’avoir jamais écouté Dionysos. Je voulais que les gens soient capables d’écouter le disque sans connaître Dionysos et surtout aussi sans avoir lu le bouquin. Je ne voulais pas non plus qu’il n’y ait pas de gadgétisation. Ce n’est pas de la promo pour le disque de Dionysos, ou un truc pour qu’on dise qu’on a fait des chansons parce qu’il y avait le livre. J’aime l’idée qu’on dise que tout se lit et si on veut faire la démarche de voir les personnages en musique, c’est savoureux ! Je ne veux pas qu’il y ait une dépendance ou un quelconque code d’accès pour les fans de Dionysos. Si les gens veulent écouter les titres dans le désordre, pas de problèmes, ce sont des chansons comme sur un album habituel. A toi de reconstituer le puzzle avec le bouquin si tu veux faire la démarche ! Cette démarche est venue en même temps et notamment au moment de l’écriture du bouquin. Le vrai point de départ est que je ne voulais pas remonter à la naissance du personnage. Je voulais remonter un peu avant. Je voulais faire le lien avec Giant Jack et le faire naître en tant que tel avec ce personnage là. L’histoire du personnage qui naît avec un cœur gelé n’est pas arrivée comme çà comme un conte, c’était ce que je voulais raconter. Je voulais raconter ce qu’il se passe dans un cœur de n’importe qui. Je voulais parler du merveilleux et du cruel qui peuvent arriver lorsqu’on tombe amoureux. C’était plus au niveau des sensations, comment métaphoriquement exprimer l’idée de rejet de la différence sans tomber dans les poncifs racistes et d’exprimer la fragilité d’une passion amoureuse. Comme j’étais dans cette fin de siècle, je me suis connecté aussi sur les premières inventions, les premières superstitions que j’ai cloisonné avec l’occultisme, les charlatans, les illusionnistes. Je me rappelais aussi d’une vieille horloge à coucous que j’avais quand j’étais enfant et çà me fascinait parce qu’on pouvait toucher les aiguilles et remonter le temps. Cà collait avec le cœur du gamin. Après, je me suis demandé ce qu’on ressentait quand on avait une horloge à la place du cœur, c’est une prothèse alors on ne peut pas dormir la nuit avec le tic tac. On ne doit pas s’énerver. Si on bouge les aiguilles on peut remonter le temps, mais peut on arrêter le temps ? Tout çà m’a aidé à bâtir un univers autour de çà, et en y ajoutant l’amour qu’on risque de ne pas supporter, j’étais dans le juste.
Des univers particuliers t’ont inspiré ? Tim Burton ?
Cà fait partie depuis le début des références du groupe mais je pense que la plus grosse influence sur ce livre est plus à chercher du côté de Frankenstein ou Pinocchio, des films comme Freaks ou Elephant Man qui font partie aussi du background culturel de Tim Burton. Là, c’est la clé facile, c’est le plus connu. A côté, dès qu’on parle de conte merveilleux, macabre, du fantastique, du paranormal et du ludique, on pense à Burton. J’assume complètement, je l’adore. C’est un peu comme quand on a commencé, on a dit qu’on sonnait comme Beck parce qu’il y avait du slide ou du hip hop. Ok on aime bien mais il n’y a pas que çà. Il ne faut pas s’arrêter à çà, Burton a des influences aussi, c’est grâce à lui que je me suis intéressé au cinéma expressionniste allemand, les choses gothiques, savoureuses.
Le travail sur l’album et le bouquin a été différent. Comment as-tu pu passer de l’un à l’autre ?
Cà peut ressembler à un concept mais c’est en fait totalement l’inverse. Cà a été fait avec de l’envie et de l’élan. J’ai commencé à avoir envie d’écrire des chansons sur les personnages comme j’avais fait sur Giant Jack, les personnages commençaient à avoir une fonction narrative. Dans leur parcours, des choses commençaient à émerger que ce soit dans des personnages qui existaient déjà dans l’histoire ou avec des personnages que j’ai inventés. J’ai commencé à écrire des chansons que je voulais écrire là-dessus. J’ai eu l’idée de bande originale de livre en le transposant comme si c’était un film. J’ai choisi les gens qui ont participé à ce disque en pensant plus comme un réalisateur de film. J’aimais aussi l’idée de décalé et de contre emploi sans entrer dans le systématique. J’avais l’idée que çà soit ludique aussi.
Un film pourrait suivre ?
Oui, mais je n’en ai pas la prétention. C’est beaucoup de savoir faire que je n’ai pas mais le rêve est là, c’est possible que çà prenne forme, on a l’histoire, on a les voix si c’est un dessin animé et on a la musique. On a déjà pas mal de matière. On a une envie et c’est quelque chose qui colle à l’histoire du groupe depuis très longtemps. Les climats des albums du groupe ont toujours été assez cinématographiques. Si on réécoute Mister Chat, Coiffeur d’oiseaux, le cheminement est assez logique.
En plus, avant Dionysos, vous étiez tous en études de cinéma ?
Non, juste moi. J’ai toujours mis sur un pied d’égalité ma passion pour la musique, la littérature et le cinéma. Cà s’est toujours auto nourri.
Vous allez jouer des morceaux de la ‘mécanique du cœur ‘ en tournée ?
Oui, bien sûr, c’est un album de Dionysos avant tout. Dionysos est l’inverse de quelque chose qui se joue en autarcie. Là où on est les meilleurs, c’est quand on s’offre l’inconnu et le danger comme on l’a fait avec l’orchestre symphonique et la tournée acoustique où on commençait à être connu avec Jedi et qu’on nous connaissait pour envoyer le bois sur scène ! On a toujours fait çà et on s’est toujours remis en question. Là, je pense que c’est un vrai disque de Dionysos mais avec une narration, c’est encore plus un disque de Dionysos parce qu’il s’ouvre à quelque chose d’autre. On se met en danger en prenant l’air, c’est la meilleure chose qui puisse nous arriver. Il suffit de regarder ce qui nous arrive politiquement aujourd’hui. Pourquoi a-t-on aujourd’hui les gens qui nous dirigent au pouvoir ? Parce que les gens ont peur de tout, ils ont peur parce qu’ils sont immobiles et regardent leur télé. Ils ont peur de tout mais paradoxalement, c’est flippant la sécurité. J’ai la chance d’être un artisan du mouvement, des choses qui bougent, je revendique le droit de me tromper, d’avoir tord et de dire que Dionysos peut être beaucoup de choses à la fois. Je n’ai pas envie de me laisser auto étiqueté ou auto parodié. C’est important.
C’est aussi la première fois que tu es à la production sur un album ?
Il y a eu 2 déclics à ce niveau là. Je ne savais pas ce que c’était coréaliser un album et quand Olivia Ruiz m’a demandé de coréaliser son disque, je me suis rendu compte que c’était ce que je faisais depuis longtemps avec Dionysos. On l’a fait depuis le début. Mike avait fait les préprods pour Monsters in love avant le studio et on avait même repris des boucles de la maquette sur l’album. On s’est dit que le prochain, on allait travailler dessus à la maison, on n’avait pas la prétention de faire mieux que Albini, mais on a voulu tenter le truc.
Comment se sont faites les prises de sons à Loches ?
Cà s’est fait au tout début de la mécanique du cœur. On est allé chez un véritable horloger très ancien, on a enregistré des engrenages, des carillons, des clés qui se remontent, tout ce qu’on a trouvé sous la main et on en a fait des boucles rythmiques avec des accidents aussi parfois comme sur la berceuse hip hop. C’est fascinant, on aime aussi l’idée de s’auto surprendre, de ne pas médicaliser les choses, les rendre trop carrées pour qu’elles puissent vivre. C’était logique de commencer par çà.
Un nouveau bouquin peut il suivre ?
Je ne sais pas encore mais chronologiquement il y a encore la place entre le moment où il a 130 ans et là où il termine, il y a une centaine d’années qui se passent. Au début, j’en avais écrit plus sur Giant Jack, c’était assez Star Warsien, mais trop Star Wars. J’ai trouvé que c’était mieux de le suggérer mais il y a la matière pour écrire un autre livre mais je pense que je reviendrais plus dans le champ lexical du premier livre. On peut le faire aller au pays des morts mais ce sont des choses que j’ai déjà faites. Ici, tout est connecté en réel, il n’y a pas de magie, tout est vraisemblable. Parfois, on peut tout justifier par le magique mais en lisant le bouquin on se rend compte que tout est possible. Je ne sais pas si je vais écrire ce livre, il faut que je trouve un axe différent, j’ai peut être aussi envie de changer de formes. J’ai toujours voulu écrire un livre pour enfant. J’ai toujours eu un rapport à l’enfance. Là, c’est encore trop frais mais l’envie de faire encore des choses n’est pas tarie au contraire.
Des lives sont prévus ?
Oui, la tournée commence en mars. On va jouer des morceaux de la ‘Mécanique du cœur’ mais des vieux morceaux aussi. On fera aussi un concert événement aux Folies Bergères avec un maximum d’invités si possible. Là, on jouera la mécanique du cœur du début à la fin avec des costumes, un décor, sans tomber dans le concept comédie musicale. On doit conserver l’énergie d’un concert de Dionysos. On va aussi faire des concerts de façon plus évènementielle. On ne va pas repartir sur les routes comme avant, on en fera moins. Ce n’est pas parce qu’on en a marre, mais parce qu’on ne veut pas systématiser. On veut valoriser le fait qu’on ne fait pas de la scène pour faire de la scène. On adore la scène parce qu’on a des chansons qui nous tiennent à cœur et qu’on veut défendre sur scène. On ne fait pas de la scène comme si on faisait des bals pour être sur scène. J’adore trop çà pour le banaliser et là on a encore fait des concerts jusque mars dernier, on repart un an après, c’est peu, c’est court, j’ai envie de garder ce côté évènement pour nous et le public. Je pense qu’on a fait une erreur l’an dernier en faisant autant de festivals. J’ai envie de protéger un peu la magie sans me la péter et me faire rare. J’ai envie de faire des concerts maintenant dans des endroits qui me plaisent avec des gens qui sont contents de faire Dionysos, et pas parce qu’ils veulent faire couler la pompe à bières ! Je ne veux pas snober les petits trucs, on l’a fait mais j’ai envie de passer à autre chose !
Tof
Interview réalisée en novembre 2006 pour la fin de tournée et la sortie du dvd Monsters in live
La tournée est bien avancée avec toujours autant de dates. La fatigue doit être bien présente ?
Elle est énorme, surtout que depuis 1 mois, on fait un truc de fous et on prépare 3 concerts différents. Un concert acoustique pour OUI FM avec des arrangements différents, un autre pour la nouvelle tournée où on a réarrangé d’anciens morceaux et en même temps, on prépare le Zénith avec les 60 musiciens à cordes ! On dérushe aussi le Zénith de l’an dernier pour notre dvd et notre audio live… On bosse dans le tour bus et on mixe dans nos jours off ! C’est monstrueux mais c’est passionnant, on ne va pas s’en plaindre. On est quand même sur les genoux… Mais on est hyper heureux parce que’il se passe plein de bonnes choses. On vient de faire un Zénith complet, on a fait plus de 100 concerts, on est disque d’or, et on sort un dvd avec un film d’une heure, un Olympia et un Zénith avec un orchestre symphonique, c’est quand même la classe !
Quand on voit l’engouement du public derrière…
Oui, c’est progressif, je pense. On a dépassé les 600 concerts depuis le début et c’est vrai que tout a été progressif avec des paliers importants comme la signature chez Tréma où on a eu un peu plus de moyens pour défendre nos disques, puis Jedi qui a accéléré les choses. Comme on avait un passé avant Jedi, on n’a pas été non plus le groupe qui joue Jedi. Pour une partie du public, c’est le cas, mais à mon avis ils ne viennent pas trop aux concerts. Comme on avait une histoire avant, çà nous a plus apporté du bonheur que des emmerdements. Cà nous a permis d’appréhender assez sereinement Monsters in love en continuant d’être libres, contrairement à ce qu’on nous demandait c'est-à-dire de refaire un Jedi qui était évidemment la dernière connerie à ne pas faire ! On a continué d’évoluer en liberté, on a doublé les capacités en concerts. Sans faire une tournée de Zéniths ou dans des trucs énormes, on fait encore des salles de 900 ou un Zénith de temps en temps. On peut faire des trucs variés, mettre parfois un décor ou prendre plus de risques sur la lumière et continuer à faire des choses neuves. On se fait parfois reconnaître dans la rue mais on a un statut un peu idéal, on est plus connu pour nos chansons que pour nos gueules, ce qui fait que je peux acheter un paquet de pâtes au Monoprix tranquillement, on ne sort pas avec la cagoule, çà reste une vie de gens normaux et je trouve çà plutôt bien.
Les morceaux ont évolué depuis le début de la tournée. Comment les perçois tu maintenant que tu réécoutes l’album ?
C’est un peu comme si tu regardes une photo de toi il y a quelques années, tu te dis : C’est quoi ces fringues et cette coupe ?lol ! Là c’est un peu pareil, il y a parfois un côté attachant. Là, sur Monsters in love, il n’y a pas de trucs qu’on regrette. Il y a des trucs qui auraient pu être plus efficaces. Par exemple, la manière dont on joue Miss Acacia sur scène aujourd’hui est peut être différente. Après çà dépend aussi comment tu composes. La veille, on avait joué Bloody Betty assez punk, Miss Acacia a été plus acoustique alors que le morceau aurait pu avoir une vocation plus rock Neige était beaucoup plus orchestré au départ. On s’est rendu compte que c’était un morceau très acoustique, on l’a dépouillé à fond. Tu as parfois le recul ou pas, çà fait partie des aléas, mais c’est bien, çà fait partie du truc vivant et que c’est en mouvement aussi sur un disque. Sinon, je n’ai pas de regrets même sur Western. Jedi avait failli passer à la trappe parce qu’il était piano voix. Pareil, j’aime bien Don Diego sur disque mais la version sur scène était plus compacte. Enfin, c’est peut être mieux pour le disque. De toutes façons, le seul disque où j’ai des regrets, c’est Haiku. Les premiers sont avec beaucoup de défauts faits avec des bouts de ficelles mais je leur trouve un certain charme, malgré un manque de maîtrise assez évident. Sur Haiku, il y a un peu trop de recettes qui viennent du producteur. C’est notre première expérience studio, on ne s’est pas trop rendu compte au début. Je continue de revendiquer les chansons et je l’aime toujours mais il y a des trucs comme 45 tours qui étaient faites pour être des chansons fragiles avec un décalage entre un côté chanson anglophile et une grosse dynamique avec une orchestration à cordes un peu épique, style musique de films. Cà a été un peu trop popisé pour moi. Mais c’est le métier qui rentre. Pour 45 tours, quand je le réécoute, on dirait The Verve !! C’est juste pas nous ! Même si la prod de Coccinelle et bien d’autres, j’en suis super content… A côté, c’est aussi parce qu’on a eu cette réaction à ce disque là qu’on a fait Western derrière. Cà fait partie d’un parcours initiatique. Je ne le renie surtout pas même si je pense qu’on est passé à côté de certaines choses.
Pour revenir au dvd live, c’est difficile ?
Je crois que çà va être une sacrée tuerie ! C’est un boulot monstrueux pour les images mais c’est génial. Il y a un très chouette documentaire d’une heure sur le boulot qui a été fait et sur la vie du groupe sur ces 2 ans. Il y a le concert de l’Olympia et celui du Zénith en intégralité, plus les 3 clips et quelques conneries, style un Mister Chat avec Cali à la Maroquinerie. Cà va être un super objet avec ses qualités et ses défauts, mais pour les fans, je pense qu’on ne va pas se foutre de leur gueule ! Deux concerts en intégralité plus live audio etc, çà va être de belle facture…
La pochette du dvd fait très BO de film…
Oui, tout à fait, c’est une passion qui continue autant pour le ciné que pour les livres. On ne s’est jamais arrêté à notre musique. Notre musique se nourrit autant de livres que de films. On a toujours été comme çà.
Pourquoi pas un scénario de film après les bouquins pour toi ?
Ben, j’ai écrit un nouveau bouquin et je suis en train d’écrire la BO comme si c’était un film. Cà sortira quand çà sera prêt, on a encore beaucoup de travail, la tournée jusque décembre, et là, comme j’ai déjà bien avancé, çà pourrait se faire dans une année, l’essentiel, c’est qu’artistiquement, on soit en mouvement. Cà sort quand çà sort, il y aura des nouvelles choses et une évolution. C’est comme pour Western, c’est toujours un peu le même univers mais ce n’est pas la même chose en même temps…
Justement pour revenir à Western, l’idée de proposer aux gens de remixer vos titres comme ils l’ont fait pour Mister Chat était une idée intéressante que vous souhaiter renouveler ?
C’est super drôle et super enrichissant, çà fait partie des choses un peu libre qu’on peut encore faire aujourd’hui. J’ai horreur des gens qui disent : Moi j’ai tout joué sur mon disque, j’ai tout fait tout seul. Je trouve çà d’un ennui et d’un prétentieux dramatique. Après, chacun a sa façon de penser mais je crois que nous ne sommes jamais aussi personnels que quand on collabore. Collaborer ne veut pas dire diluer son propos, çà veut dire prendre du recul pour aller encore plus loin comme une équipe. C’est un peu comme si tu mets 10 Zidane dans une équipe de foot. Admettons que Zidane puisse se cloner. Evidemment il est super fort, mais si tu le mets dans les buts, çà ne sera pas aussi terrible. Alors que si devant tu mets Thierry Henry, c’est génial ! Je n’ai pas la prétention d’être un Zidane mais je suis content de me dire qu’à côté de moi, j’ai peut être des Thierry Henry et que c’est intéressant de rebondir avec eux et leur faire des passes. C’est aussi excitant de marquer un but que d’être dans un autre poste de production, et voir les autres marquer est une sensation aussi géniale, je m’en suis rendu compte avec Olivia Ruiz. Pour moi, la collaboration n’est absolument pas synonyme de propos dilué au contraire. Idem pour le livre où tu es censé le faire seul. D’un autre côté, faire les chansons pour le groupe m’ont donné une matière pour mon livre, et mon éditrice m’a remis en question sur plein de choses même si elle n’a rien écrit pour moi. Cà m’a enrichi tout çà. J’aurais eu moins d’énergie pour être aussi personnel.
Le fait d’entendre partout la Femme Chocolat doit donc te faire plaisir…
Je suis super content pour elle que çà cartonne. C’est mérité parce que c’est un super disque. Je suis super heureux d’avoir fait partie de ce disque là et qu’elle le mérite, elle est pleine de talent et va s’inscrire dans la durée parce qu’elle ne fait pas de la musique de table. Souvent, dès qu’on commence à vendre 500 000 albums, on fait de la merde, ce n’est pas une généralité parce qu’il y a eu Nirvana, Bjork, Noir Désir. Je déteste qu’on dise dès qu’on vend c’est nul mais quand tu regardes le matin M6 ou ce qui passe sur NRJ, tu vois plus du Obispo, du Pagny ou du RNB à gros seins ! Quand tu as un morceau comme çà qui passe entre les gouttes, çà me rend heureux. Ok, je m’y suis investi mais çà me fait le même effet quand une Camille réussit ou qu’un morceau comme Le vent nous portera plaît au grand public. Ce sont de vraies belles chansons et touchent tout le monde, çà c’est la classe ultime ! Ce n’est pas de faire de la musique indé que personne ne comprend et qui reste dans un ghetto, ce n’est pas non plus faire de la musique commerciale formatée. C’est faire quelque chose d’extrêmement personnel sans compromis et qui arrive à toucher les gens. C’est ce qui est en train de se passer avec Olivia et avec nous aussi à moins grande échelle, avec notre 2ème disque d’or d’affilée sans un gros support radio. Pour Olivia, c’est super, on sait aussi que c’est un privilège qui peut n’arriver qu’une fois dans une vie. Tout çà encore une fois est en mouvement, c’est vivant.
Vous bossez le dvd, toi le bouquin…Tu as d’autres projets, un nouvel album ?
Le dvd sort le 8 janvier. La bo du livre fonctionne comme une espèce de conte musical où les personnages du bouquin vont venir chanter leurs morceaux. Dans le principe, ce disque là sera avec beaucoup d’invités. Il y a notamment déjà Olivia Ruiz et Arthur H qui ont dit oui. Cà sera donc comme un nouvel album. On ne sait pas si on va l’appeler Dionysos parce qu’il y aura beaucoup d’invités et Babeth sera sur son projet solo. Ce qui est sûr, c’est que je prends l’équipe habituelle des Dionysos, ce n’est pas un projet solo. Au niveau de la dénomination, vu que le projet est directement connecté à mon livre, on verra bien. Cà sera plus un truc style Dionysos et l’orchestre de l’horloge, un truc dans le genre ou alors le titre du livre avec Dionysos, Olivia Ruiz, Arthur H etc. Je n’en sais encore rien. Je veux trouver le truc le moins confus pour le public et les médias. Je suis tellement dans l’artistique avec la tournée, l’écriture du livre etc… On verra bien !
Tof
Interview réalisé à l'Aéronef de Lille pour la sortie de Monsters in Love
« Monsters in love » est sorti il y a peu de temps, avec toute la tournée qui vient de s’engager. Comment tu la ressens cette tournée justement pour l’instant ?
C’est très violent, très violent…
Pas trop fatigué ?
Si on est mort, mais c’est normal ! Mais c’est parce qu’on ne veut pas devenir des fonctionnaires du rock et qu’on donne tout à chaque concert. Forcément, comme on n’est pas des machines non plus, il y a des difficultés mais aussi beaucoup de plaisir à jouer les nouveaux morceaux.
Justement, en parlant de ces nouveaux morceaux, j’ai l’impression qu’il y a beaucoup plus de textes en anglais…
Ah non, c’est faux, c’est une mauvaise impression ! Non c’est pareil, voire même un peu plus en français ! J’aime bien utiliser les deux, peut-être que quand je serai vieux, je ferai tout en français, je n'en sais rien… Pour moi, c’est comme un sculpteur qui dirait : « je travaille l’argile et le bois ». L’anglais c’est l’argile, c’est très malléable, très souple. Le français c’est plus dur mais ce n’est pas pour ça que c’est moins bien. C’est juste que tu fais des choses différentes avec, tu y vas avec un couteau, tu te bats avec, moi j’adore ça ! Mais j’aime autant le français que l’anglais, pour des raisons différentes. C’est comme si tu disais : « il y a plus de guitare électrique que de guitare acoustique »… Pour moi, ce sont vraiment des couleurs… Je sais que c’est un peu adolescent de chanter en anglais par rapport à notre culture anglo-saxonne mais je m’en fous parce que j’ai du plaisir à le faire. Tant que ça reste un plaisir, après si ça devient une attitude c’est chiant, mais tant qu’il y a un vrai plaisir à utiliser ce matériau là, je ne m’en prive pas !
Juste avant l’album, il y a eu ton livre qui est sorti. Est-ce que le fait de l’avoir écrit, ça t’a influencé pour l’écriture de cet album ?
Oui, j’ai écrit tout en même temps.
Donc au moment du livre, tu pensais déjà à l’album qui arrivait ?
Complètement ! En fait on a terminé les mixes des albums live et je suis reparti avec mon ordinateur, en me demandant ce que je faisais maintenant. J’ai perdu ma mère, on venait de faire un double album live, un dvd… Donc tu vois, je me suis retrouvé chez moi… J’avais l’impression que je n’en étais plus capable, il y a un truc qui était cassé… Et j’ai recommencé à écrire, je ne savais pas si c’était un livre ou des chansons. J’ai trouvé cette idée d’un géant qui venait m’aider de 4,50 m, qui venait me prêter son ombre. J’ai commencé l’histoire, je me suis demandé comment il faisait pour apparaître… Ah ben on chante pour le faire apparaître… J’ai fait la chanson « Giant Jack » au ukulélé… Et petit à petit, les deux se sont nourris d’un côté et de l’autre. Il y a eu des correspondances, sur l’album, il y a 5 morceaux qui sont tirés du bouquin. Mais c’est aussi grâce à ce livre et grâce à ces morceaux là que j’ai pu faire les autres chansons qui n’ont rien à voir… Parce qu’il y a des chansons qui n’ont rien à voir !
Et la rencontre avec The Kills, comment ça s’est passé ?
Super simplement ! On a fait un concert où on était programmé avec eux. Ils nous ont mis un petit mot dans la loge, « On a adoré votre concert ». Nous on était super fans, on avait adoré le premier album, c’était à cette époque là. On les a revus dans la soirée et on s’est échangé les numéros de téléphone en se disant qu’un jour on ferait un truc ensemble. Et au moment de faire l’album, je leur ai envoyé un texto, ils m’ont dit qu’ils jouaient à Bristol, donc en Angleterre, on vient entre la balance et le concert. On leur a envoyé le morceau en mp3, ils l’ont adoré, on les a fait chanter tout le morceau parce qu’on n'avait pas le temps de réfléchir sur les moments où ils allaient jouer ou pas. Ils ont joué et chanté le morceau plusieurs fois à fond, et après au mixe, on a choisi.
Et l’enregistrement s’est fait en Angleterre. Pourquoi avoir choisi cet endroit là ?
Parce que c’était à côté de chez John Parish, tout simplement.
Tu dis que t’as écrit 5 titres avant en rapport avec le livre…
Pas spécialement avant. J’ai écrit « Giant Jack » et après j’ai écrit « Tes lacets sont des fées » qui n’a rien à voir. Après j’ai écrit « Neige » et après « L’homme qui pondait des œufs ». Après j’ai écrit « Mon ombre est personne » et après « Miss acacia ». Tu vois, y avait un rapport plus ou moins indirect avec le livre mais bon voilà…
J’imagine que tous les morceaux sont tous plus ou moins liés entre eux. Mais s’il y avait un morceau pour toi qui représenterait le mieux l’univers que tu as voulu donner à l’album, ce serait lequel ?
C’est dur ça… Parce qu’ils font tous partie d’un engrenage… C’est difficile… Mais peut-être quand même que je dirais « Mon ombre est personne » qui a vraiment le côté mélange de musique nocturne, conte de fées sombre, avec presque ce côté musique d’Europe de l’est un peu, le western d’Europe de l’est… Tendu, grinçant, mais avec ce côté raconteur d’histoires folk 30’s.
Par rapport à cet album là, il y a eu quelques changements pour le groupe, un changement de tourneur par exemple… Est-ce que vous aviez besoin de ce changement là ?
Non, c’est juste que notre tourneur d’avant s’est barré en Israël, pour faire un truc bien d’ailleurs. Il essaie d’organiser des rencontres entre des artistes palestiniens et des artistes israéliens. Donc voilà, il était notre tourneur-manager et il est parti. Donc, il fallait en trouver un autre… Et, c’est arrivé en même temps que le rachat de notre maison de disques par Universal. Donc oui beaucoup de changement, mais c’est plus de la logistique. Il ne faut pas que ça devienne… Tu vois comme quand tu fais pas le ménage chez toi, je ne dis pas ça pour toi hein (quelques jours après, Tof nettoyait son appart’ de fond en comble, à tel point que l’on peut même s’asseoir sur le canapé maintenant… Merci Matthias !!!ndlr), quand tu ne le fais pas ça devient chiant. Moi je n’aime pas faire le ménage, mais j’essaie de le faire un petit peu de temps en temps parce que sinon le bordel de vient agressif et tu es obligé de le faire longtemps, et t’en chie 10 fois plus. Et avec la logistique c’est pareil. On s’est dit que là on n’était pas en période de compo, donc on va s’occuper de tout ça pour pouvoir avoir l’esprit libre, concentré sur les vraies choses au moment de rentrer en studio. C’est ce qui a été fait. Et pour l’instant, on a toujours autant de liberté qu’avant.
Oui parce qu’avant, avec l’ancienne maison de disques, tu disais qu’ils vous laissaient faire ce que vous vouliez, que vous pouviez vous permettre certaines choses…
Oui, là c’est pareil. C’est le même directeur artistique en même temps…Mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas se battre hein !
Et quand tu vois l’évolution de Dionysos, par rapport au tout début, quand ça a commencé, quand vous avez commencé à jouer, et là où vous en êtes aujourd’hui, avec cette tournée où quasiment toutes les dates sont complètes… Est-ce que tu t’attendais à tout ça ?
Non. Je ne dis pas ça par fausse humilité à 2 balles. On avait envie de faire, envie de vivre, envie de construire un truc. Mais on n’avait aucune prétention quand on a fait le premier album. Le mec nous dit : « Ok vous avez 500 exemplaires »… Wahou, on a un cd !!! Tu sais à l’époque tu faisais pas ton cd comme ça en 97. C’était moins démocratisé qu’aujourd’hui. Après il y avait une envie énorme. C'est-à-dire qu’on n’était pas comme certains groupes qui cultivent l’indé pour l’indé et qui sont fiers de ne pas y arriver. Ce n’est pas là que ça se joue. Regardez Sonic Youth ou des trucs comme ça, ce n’est pas parce qu’ils sont chez Geffen que c’est plus un groupe indé. Donc nous, on a toujours voulu être hyper personnel mais le plus généreux possible dans notre univers. On a toujours détesté la musique formatée bêtement main stream, mais on a toujours détesté ces trucs indépendants qui sentent le renfermé et qui font toujours la même chose. Donc tu vois, si tu venais dans le camion avec nous, tu pourrais entendre des trucs vachement indé comme du Cat Power, du Smog, et derrière du Whites stripes et tu peux entendre aussi du Björk, du Nancy Sinatra, des musiques du dessin animé « Betty boop », du Johnny Cash… Enfin tu vois…
Oui c’est un peu con de se cloisonner sur certains trucs…
Je déteste les chapelles. Je trouve ça ridicule, on n’a pas que ça à foutre ! Moi ma culture de goût, elle va plus dans l’indé c’est sûr, mais y autant de gens qui me font chier là dedans qu’ailleurs. Et puis il y a un côté très français de dire que celui qui réussit, c’est un vendu. Et c’est l’inverse au mauvais sens du terme chez les anglo-saxons, pour eux, si tu marches, tu es génial, mais sans nuance non plus, c'est-à-dire que dès que ça vend, c’est bien. Ici, ça vend donc ce n’est pas bien. Alors que voilà, il y a des trucs qui ne vendent rien et qui sont géniaux, il y a des trucs qui vendent rien et qui sont nazes, il y a des trucs qui vendent énormément et qui sont nazes, beaucoup, je l’admets, et y a des trucs qui vendent énormément et qui sont géniaux, Noir Désir, Zebda, c’est des gros cartons mais c’est de la bonne musique, y a pas à chier, ça se respecte.
Pour parler de vos scènes aussi, pour commencer, je voulais savoir si vous aviez un truc avant de monter sur scène, une manie ?
On se pisse tous dessus !! Oui, on a chacun nos petits rites, mais à partir du moment où tu mets le costume…La transformation est accomplie !
Mais justement, Dionysos sur scène, c’est bourré d’énergie, c’est évident. Donc comment vous faites pour être là comme ça maintenant, plutôt cool… Et dès que vous montez sur scène, vous démarrez direct ?
C’est le public, c’est le fait de jouer les chansons… Et puis c’est une mise en condition, on ne va pas mystifier non plus mais voilà tu te prépares à te transcender. Tu n’arrives pas comme ça, comme si t’allais bouffer ou voir un pote. Tu as la peur aussi qui t’aides beaucoup à te préparer, qui peut être paralysante puisque le trac est quelque chose d’horrible, mais cette peur peut être aussi très positive. Ne pas avoir le trac, c’est très très dangereux. Donc voilà, tu sens le trac qui monte, tu te bats contre et il y a l’énergie qui arrive, la concentration et tu montes… La difficulté, c’est de pouvoir monter tous les soirs, parce que quand tu joues beaucoup, tu peux montrer très haut, avec un concert dont tu es super content par exemple, mais après il faut redescendre parce qu’après il faut dormir. Si tu restes dans l’euphorie, tu as l’adrénaline, tu as envie de voir les gens, tu vas boire des coups, tu te couches tard. Donc il faut monter monter monter et apprendre à redescendre redescendre redescendre… Et le lendemain pareil… Et tout ça nerveusement c’est difficile. Donc sur la longueur d’une tournée, il y a des moments où tu n’arrives pas à redescendre assez, donc tu dors pas, et du coup le lendemain quand il faut remonter, tu n’y arrives pas… Tout ça, ça devient très physique !
L’univers de l’album, c’est plutôt fantastique, imaginaire…Même sur la pochette… Et retranscrire ça en live, c’est difficile ? Ca demande beaucoup d’énergie. Comment vous arrivez à retranscrire tout ça ?
Tu vas voir ! Il y a pas mal de choses, il y a une manière d’interpréter. Et je crois qu’on a accentué encore le fait de raconter des histoires. On avait déjà ça dans les chansons, mais même dans la manière d’appréhender la scène, il y a vachement de ça aussi. Ce côté qui nous vient de choses aussi variées que Neid Billy ou Rock Williams, ou plus récemment Tom Waits ou Nick Cave, ce genre d’artistes là qui sont de vrais raconteurs d’histoires. Il y a cette dimension là, et puis aussi la lumière, il y a un petit décor qui cristallise un peu cette atmosphère là…
Sinon, on vous a vu à Top of the pops ce matin…
Ah oui, c’était drôle ou pas ? On ne l’a pas vu nous !
Oui c’est assez surprenant au début, on ne s’attend pas à vous voir là… En même temps on n’a pas vu l’annonce juste avant donc c’est juste en voyant Babette et après toi (matthias, ndlr) sur le piano en train de tourner au-dessus…
En fait c’est le jour où nous on a fait Top of The pops et Cali était là. Ses musiciens avaient été retenus par les inondations de Montpellier. Et il devait jouer en play back. Donc il nous a demandé de le faire, on lui a demandé s’il était vraiment sûr ! En plus, on ne connaissait pas le morceau donc on s’est dit qu’on allait faire les cons quoi. Il nous a dit « Allez-y, lâchez-vous ! ». Donc au lieu de faire semblant de jouer à peu près le morceau alors qu’on ne le connaissait pas, au bout de 2 secondes c’était n’importe quoi, debout sur le piano… Et je n’ai pas vu mais je crois que ça passe bien ! Mais Cali c’est un super gars !
Vous avez des affinités avec des groupes de la scène française ?
Oui, donc il y a Cali, Louise Attaque, Julie B.bonnie qui a joué en première partie avec nous, Tara King th ce soir… Je viens de travailler sur l’album d’Olivia Ruiz aussi. C’est une bonne surprise. Cet album, c’est une espèce d’arche de Noé bizarre. Elle a pris des gens d’univers complètement différents, y avait le ukulélé club de Paris avec Joseph Racaille, le mec qui bosse avec Fersen notamment, le batteur de Brigitte Fontaine, le contrebassiste de Loïc Lantoine, qui joue de la contrebasse avec son cintre… Donc elle nous a dirigés, moi j’ai écrit 3 chansons, c’est la première fois que j’écrivais pour quelqu’un d’autre et je me suis régalé, et j’ai co-réalisé le disque avec Alain Cluzeau, qui a 30 ans de plus que moi… Donc tu vois, c’était vraiment une équipe où tu étais obligé de t’écouter, parce qu’on avait tous des automatismes très différents. Lui il vient vraiment de la chanson, il travaille avec des gens comme Paris Combo, Benabar. C’était super frais. Et puis, Olivia, avec son parcours compliqué, qui est passé par Star Ac’ et qui traîne ça comme un boulet maintenant
Un peu moins, maintenant, pour son premier album, elle avait déjà eu de bonnes collaborations avec Prohom notamment…
Ah oui, bien sûr ! Là y a encore Prohom de la partie, il y a les Têtes raides aussi qui lui ont fait un morceau, qui est super bien d’ailleurs, où elle chante en duo avec Christian Olivier, et elle continue son parcours… Il y avait tout un côté plein d’humilité pour nous tous, genre on oublie qui on est, vraiment ce côté arche de Noé… Ah toi tu es une girafe, et ben moi je suis une tortue, super c’est bien, on va faire de la musique ensemble… Elle s’est assumée sur ses premières compos aussi. Il y a tout un truc super attachant, où tu as envie de donner, c’était vraiment un truc de cœur pour tout le monde…
Et écrire pour quelqu’un d’autre ? Tu essaies de se mettre à sa place ?
Tu sais, il y a des gens comme par exemple un réalisateur de documentaires qui dit qu’il n’est que le cadre. Non, c’est bien moi qui écrit, c'est-à-dire que je ne veux pas faire croire que j’ai écrit à sa place ou quoi que ce soit, ses chansons, elle les fait très bien toute seule. Quand vous allez écouter, vous allez reconnaître tout de suite. Il y a mon esprit, mais c’est une chanson que je n’aurais jamais écrit pour moi parce que ce sont des thématiques dont elle m’a parlé, ce sont des esprits, des ambiances dont on a parlé tous les deux, donc j’aurais jamais fait ça pour moi. Et ça c’est nouveau !
Bon quand on voit l’univers de Dionysos, on pense forcément à Tim Burton.
D’ailleurs il y a « Noces funèbres » qui sort là !! Tu l’as vu ?
Non pas encore…
Je vais y aller moi !!
Et Giant Jack, « L’étrange Noël de Mr Jack » ?
Oui bien sûr… Tim Burton c’est une influence évidente. Et Danny Elfman aussi, son compositeur. Il a travaillé sur les Simpsons aussi, Spiderman… C’est un mec que j’adore. Pour moi, il est aussi important que les Pixies ou Sonic Youth ou Morricone… Donc, c’est vraiment un truc important. Moi, « Big fish » m’a énormément touché, « Charlie et la chocolaterie » c’est drôle, moins profond mais c’est drôle aussi. « Edward aux mains d’argent » pour moi c’est un chef d’œuvre. Une copine lui a filé notre disque et il a dit : « Oh monsters in love, I love it ! »
Ce serait bien un jour de faire quelque chose avec lui !
Ah j’en rêve ! Il n’y pas qu’avec lui que j’en rêve, il y a aussi Jarmusch, Lars Von Trier, Kusturica… Bien sûr ! Avec Tim burton… On a le même rapport à la monstruosité, à la différence, que la monstruosité n’est pas là où l’on croit, il n’y a pas les bons, les gentils et les méchants… Il y a toujours des choses plus nuancées, plus humaines que ça. Je n’ai jamais été fasciné par les histoires avec les gentils bien lisses et les méchants qui n’ont rien d’humain. Ca ne m’a jamais plus ça. C’est pour ça que j’ai aimé « Star Wars », le truc du retour du Jedi… Moi les trucs de science-fiction, j’en n’ai rien à foutre, autant j’aime l’imaginaire, les trucs fantastiques, autant la science-fiction avec les robots, l’anticipation, les lasers… j’en ai rien à foutre. C’est le même rapport qu’au western. J’aime ça pour les qualités humaines, les choses humaines qui se passent, après les combats de flingues avec les Indiens… Et Burton il y a ça dans ses films, comme dans « Star Wars », où le méchant peut être touchant aussi finalement, ça peut être mélangé… Ca ressemble plus à ce qu’on est pour de vrais quoi…
Je pense que c’est aussi ça qui a fait le succès de « Star Wars », outre les scènes de science-fiction comme tu dis…
Tu vois le dernier là, la première heure je me suis fait chier !! Qu’est ce qu’on en a à foutre qu’il y a un droïde dans le squelette de machin qui a pris la lune de je sais pas quoi ! Pour moi, ce sont des mathématiques, j’étais là, bon ok il y a des belles images… Par contre quand tu commences à avoir Skywalker qui parle avec Palpatine, « ouais mais ta femme…machin »… Il commence à le détourner un peu… Là ça m’intéresse, ça pourrait se passer dans un western ou à Lourches, ça m’intéresse. Là ça devient touchant. Après la scène de fin quand il est brûlé… C’est génial !
Chut ! N’en dites pas plus, je ne l’ai pas vu !
Tof et Juliette
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